La Domenica Del Corriere - Transition écologique : la Cour des comptes appelle à "mieux dépenser"

Euronext
AEX -0.94% 1117.75 €
BEL20 -0.76% 5527.87 €
PX1 -1.22% 7769.21 €
ISEQ -0.87% 14344.11 €
OSEBX -0.76% 2043.68 kr
PSI20 -0.92% 9333.76 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 0.01% 4400.22 €
N150 -0.99% 4160.98 €
Transition écologique : la Cour des comptes appelle à "mieux dépenser"
Transition écologique : la Cour des comptes appelle à "mieux dépenser" / Photo: STEPHANE DE SAKUTIN - AFP/Archives

Transition écologique : la Cour des comptes appelle à "mieux dépenser"

Renoncer à engager les investissements nécessaires à la transition écologique "conduirait à aggraver durablement la situation des finances publiques", estime la Cour des comptes, au moment où la France, aux prises avec des finances dégradées, peine à respecter ses objectifs climatiques.

Taille du texte:

"Dans un contexte budgétaire contraint, l'effort d'investissement public additionnel nécessaire pour atteindre nos objectifs n'est pas inatteignable du moment que nous sommes prêts à faire des choix", a déclaré mercredi lors d'une conférence de presse Amélie de Montchalin, première présidente de l'institution.

"L'enjeu est donc moins de dépenser davantage que de bien choisir les instruments les plus efficaces et de savoir en mesurer les résultats", a-t-elle insisté.

Les canicules, incendies et sécheresses qui ont marqué l'année 2026 ont montré que les conséquences du changement climatique n'étaient plus un risque "lointain", mais une réalité "déjà bien coûteuse pour nos finances publiques (...) et la société", a également souligné Amélie de Montchalin.

"Reporter la transition ne supprime pas son coût mais le fait au contraire croître", a renchéri Eric Allain, président de la section énergie au sein de la 2e chambre de la Cour des comptes et contre-rapporteur du rapport.

Dans un contexte de finances publiques dégradées, l'enjeu est selon lui de "mieux dépenser", en ciblant davantage les aides publiques et en mobilisant "à bon escient" les financements privés.

- Résultats "insuffisants" -

Dans son deuxième rapport annuel sur la transition écologique publié mercredi, l'institution chargée de vérifier le bon usage des deniers publics estime que les résultats obtenus jusqu'à présent par les politiques de transition écologique "demeurent insuffisants au regard des objectifs fixés".

Elle cite notamment le ralentissement de la baisse des émissions de gaz à effet de serre ainsi que les difficultés persistantes en matière de biodiversité et de qualité de l'eau.

La Cour relève également que les objectifs d'exemplarité de l'État sont loin d'être atteints. La flotte de véhicules particuliers de l'État a par exemple augmenté de 7,2% entre 2021 et 2024 alors qu'elle devait être réduite de 3%. La consommation de carburant des administrations a bondi de 20% en 2024 par rapport à 2022, tandis que, sur la même période, la réduction de la consommation énergétique des bâtiments publics n'a atteint que 5,5%, contre une cible de 10%.

Pour remédier à ces retards, la Cour recommande notamment de renforcer le rôle du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) et de mieux intégrer la stratégie de financement de la transition aux débats budgétaires.

Au-delà de "l'affichage d'objectifs ambitieux", note encore la Cour, "l'État gagnerait à associer à son propre plan de transformation écologique une programmation financière pluriannuelle explicite", afin de vérifier "la crédibilité des trajectoires annoncées et leur soutenabilité dans la durée".

Elle recommande également de mieux mesurer l'efficacité des aides publiques et de ne pas recourir systématiquement aux subventions.

- Enjeu de souveraineté –

Les Sages du Palais Cambon évaluent les besoins d'investissements bas-carbone à 82 milliards d'euros supplémentaires en 2030, par rapport aux 79 milliards investis en 2024.

"Renoncer à engager ces investissements (...) conduirait à aggraver durablement la situation des finances publiques françaises", avertit l'institution, soulignant qu'ils permettent au contraire de limiter les coûts futurs de réparation, d'adaptation et de reconstruction.

Elle rappelle qu'un décalage au niveau planétaire "de seulement trois années dans les politiques climatiques coordonnées ferait plus que doubler le coût économique de la transition climatique à l'horizon 2030, de 0,5% à 1,3% du PIB mondial".

Selon la Cour, l'adaptation au changement climatique, la réduction des émissions et la protection des ressources naturelles "ne sont pas contraires aux intérêts économiques". Elles favorisent au contraire "la sécurité d'approvisionnement, la compétitivité et la résilience de l'économie".

Les Sages citent notamment la crise énergétique provoquée par le conflit au Moyen-Orient pour montrer le lien entre transition écologique, résilience économique et souveraineté énergétique. Ils estiment ainsi que la transition répond à un enjeu de "souveraineté énergétique, alimentaire et industrielle".

F.Aiello--LDdC