Ligue des champions : Lille au pied de la montagne Arsenal, avec un élan limité
Les Lillois s'attaquent à un des versants les plus abrupts de la Ligue des champions, mardi (21h00) à Arsenal, finaliste sortant et géant moderne de la Premier League, sans paraître armés pour l'exploit à l'heure où leur projet de jeu reste tâtonnant.
C'est le moment de montrer du coeur, des crocs et une performance complète, du coup d'envoi jusqu'au coup de sifflet final, pour les Dogues de Davide Ancelotti, sur une ligne de crête depuis le début de saison.
L'actuel dauphin de Monaco oscille entre robustesse défensive et difficulté à développer du jeu, un double visage apparu en grand samedi face au Havre (1-0). Contre la lanterne rouge réduite à dix, Lille s'est procuré cinq frappes, dont une cadrée, celle du but de Dilane Bakwa à la 5e minute.
"Pour marquer des buts, créer une identité, il faut du temps et de la réussite. Parfois, tu as les bons mouvements dans la surface et tu n'as pas les bons ballons, parfois l'inverse. Je pense qu'il faut du temps pour trouver ce mécanisme", a reconnu le nouvel entraîneur Davide Ancelotti lundi en conférence de presse.
Il y a pourtant urgence après la défaite inaugurale contre le Betis Séville (3-2), à domicile, et au moment d'entrer dans l'arène de l'Emirates, une citadelle quasi-imprenable les deux dernières saisons en Ligue des champions. Les Gunners n'y ont perdu qu'une fois, en avril 2025 contre le PSG, en quatorze apparitions (11 victoires, 2 nuls).
- Se nourrir du passé -
Lille, à l'inverse, a perdu ses huit derniers matches européens en Angleterre, ce qui donne la mesure de sa tâche à venir, et la portée de l'exploit qu'il accomplirait en cas de victoire.
Pour y croire, il faudra convoquer les fulgurances du passé, comme ce triomphe de décembre 2006 à San Siro contre l'AC Milan (2-0), futur vainqueur de la compétition, ou des souvenirs plus frais: le succès majuscule à la maison contre le Real Madrid (1-0) et celui chez l'Atlético (3-1) en octobre 2024, il y a deux ans.
Cette saison, le Losc a aussi su hausser le niveau face aux cadors, au moins une fois. Fin août, les Lillois ont ainsi mené la vie dure au PSG, avant que les doubles champions d'Europe ne mettent deux buts dans le temps additionnel (2-2).
Contre Arsenal, la moindre faute d'inattention ou le moindre relâchement risque de coûter cher.
Les Gunners ont gagné huit de leurs neuf matches cette saison, en dépit d'une adversité souvent relevée (Manchester City, Aston Villa, Chelsea, Naples...). Leur seul trou d'air a été brutal, une défaite 3-0 à Brighton avant la trêve, mais la reprise a été plutôt rassurante, samedi contre Leeds (2-1), même si les visiteurs ont ouvert la marque.
"On va arriver avec beaucoup d'humilité et l'envie de bousculer cette équipe, avec de l'ambition. Il faudra un Losc à son meilleur niveau", a résumé l'attaquant Olivier Giroud. "Nous savons que nous devons faire un match presque parfait pour battre Arsenal et c'est ce que nous allons essayer de faire", a ajouté Ancelotti.
- Munitions limitées -
L'outsider lillois devra faire avec un stock de munitions bien moins fournies que les Gunners qui, samedi, ont fait entrer des pointures comme Viktor Gyökeres, Bruno Guimaraes et Mikel Merino.
Le club français a en plus perdu samedi, et probablement jusqu'à la fin de la saison, son latéral droit portugais Tiago Santos, gravement blessé à un genou après le tacle d'un joueur havrais.
L'incertitude concernant l'arrière gauche Romain Perraud, remplacé en seconde période, a en revanche été levée par Ancelotti, lundi. "Tous les joueurs sont disponibles", à l'exception des blessés déjà connus (Santos, Ethan Mbappé et Hamza Igamane).
Devant, l'entraîneur italien devrait faire confiance à l'avant-centre Ayase Ueda pour tenter de dynamiter une défense d'Arsenal considérée comme une référence en Europe, même en l'absence de William Saliba, blessé de longue durée.
Arrivé dans les derniers jours du mercato, l'international japonais a flambé depuis son arrivée à Lille (3 buts en 5 matches) et est une des rares satisfactions offensives. Il semble avoir une longueur d'avance sur Giroud même si le vétéran de 40 ans, ancienne figure d'Arsenal (2012-2018), connaît l'Emirates comme sa poche.
R.Buglione--LDdC