Royaume-Uni: le militant d'extrême droite Tommy Robinson jugé coupable d'avoir harcelé des journalistes
Le militant d'extrême droite britannique Tommy Robinson a été reconnu coupable mercredi à Londres d'avoir harcelé deux journalistes du tabloïd Daily Mail, contre lesquels il avait notamment proféré des menaces sur les réseaux sociaux.
Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, 43 ans, connaîtra sa peine lors d'une prochaine audience, le 16 décembre. Il reste en liberté sous caution d'ici là.
Le militant, qui a déjà fait plusieurs séjours en prison, encourt jusqu'à dix ans d'incarcération.
"C'est complètement dingue. Toute cette histoire est complètement dingue. Mais on continue le combat", a-t-il réagi sur X, où il compte 2 millions d'abonnés.
Il était jugé devant le tribunal de Southwark à Londres pour "harcèlement ayant engendré une crainte de violences" contre les deux journalistes Andrew Young et Jacob Dirnhuber.
Les faits se sont produits entre le 5 et le 7 août 2024, alors que le Royaume-Uni était secoué par une vague d'émeutes anti-migrants et islamophobes.
Le militant s'en était pris aux journalistes, mécontent après une série d'articles du Daily Mail décrivant ses vacances et son train de vie à Chypre, où il se trouvait en famille au moment de ces émeutes.
Il a fallu plus de 11 heures aux jurés pour parvenir à un jugement.
Le Daily Mail a salué la décision. Tommy Robinson "a tenté d'entraver notre travail", a dit un porte-parole. "Nous défendons nos journalistes et leur liberté d'informer le public sur des questions d'intérêt général", a-t-il ajouté.
Lors de la première journée d'audience, le 19 octobre, le procureur, Benjamin Holt, avait détaillé les messages publiés sur X ou directement envoyés par Tommy Robinson aux deux journalistes.
"Il a choisi de les effrayer, en faisant en sorte que des individus se rendent à leur domicile" et "sur les réseaux sociaux, devant des millions d'abonnés (...), il a diffusé des images de leurs domiciles", avait dit le procureur.
Un des deux journalistes a dû quitter sa maison et l'autre a été protégé par un agent de sécurité.
Le militant anti-immigration et anti-islam a reconnu avoir eu recours à des détectives privés pour trouver leurs adresses afin de leur "mettre la pression".
Mais il contestait les accusations de harcèlement. Il a dit devant le tribunal "avoir eu peur" et affirmé que le Daily Mail avait mis sa famille en danger en publiant ces articles sur ses vacances à Chypre.
Avant le début de son procès, il avait indiqué dans une vidéo postée sur X avoir reçu le soutien financier du milliardaire américain Elon Musk pour payer ses frais d'avocats.
Fondateur en 2009 du groupuscule English Defence League (Ligue de défense anglaise) issu de la mouvance hooligan, Tommy Robinson a déjà été condamné à plusieurs reprises, notamment pour troubles à l'ordre public.
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U.Pagliarini--LDdC