La Domenica Del Corriere - Etats-Unis: l'aile gauche démocrate aborde revigorée les élections

Euronext
AEX -0.15% 1116.02 €
BEL20 -2.66% 5380.58 €
PX1 -0.74% 7711.85 €
ISEQ -1.72% 14097.76 €
OSEBX 0.05% 2044.7 kr
PSI20 0.03% 9336.15 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 0.01% 4400.22 €
N150 -0.56% 4137.29 €
Etats-Unis: l'aile gauche démocrate aborde revigorée les élections
Etats-Unis: l'aile gauche démocrate aborde revigorée les élections / Photo: JEFF KOWALSKY - AFP

Etats-Unis: l'aile gauche démocrate aborde revigorée les élections

L'aile gauche des démocrates américains aborde les élections parlementaires de mi-mandat avec une vigueur inédite, espérant non seulement aider l'opposition à Donald Trump à reprendre le contrôle du Congrès mais aussi remodeler la ligne du parti.

Taille du texte:

La tentation existe de comparer les succès de candidats les plus à gauche aux primaires démocrates pour le scrutin du 3 novembre à ceux des conservateurs du Tea Party qui avaient tiré à droite le Parti républicain après l'élection de Barack Obama en 2008.

Mais l'effet miroir est en partie trompeur: les frondeurs de gauche sont d'obédiences variées, des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA), la formation du maire de New York Zohran Mamdani, à des sociaux-libéraux plus classiques.

Ils sont aussi beaucoup moins nombreux que les dizaines de républicains se réclamant du Tea Party élus au Congrès en 2010.

Ce qui les rassemble, c'est la critique des dirigeants démocrates, des inégalités massives, du pouvoir des grandes entreprises, et la conviction qu'une victoire sur Donald Trump ne doit pas être une fin en soi mais la voie ouverte à une nouvelle politique.

A environ un mois du scrutin, le site spécialisé DecisionDeskHQ donne 75% de chances aux démocrates de reprendre la majorité à la Chambre des représentants et un avantage plus ténu pour le Sénat.

Les candidats de la gauche du parti ont remporté les primaires pour le Sénat contre des rivaux soutenus par l'establishment dans le Michigan, le Minnesota et en Floride.

Pour la Chambre, cinq candidats estampillés DSA ont été investis dans des circonscriptions acquises d'avance à la gauche, ce qui pourrait faire passer de deux à sept le nombre de députés "socialistes".

- "Plus des partenaires mineurs" -

L'organisation Our Revolution (Notre Révolution, NDLR), née des campagnes présidentielles passées du sénateur Bernie Sanders, voit dans les militants de gauche les piliers d'une possible victoire démocrate en novembre, qui voudront gagner en influence.

"Nous ne sommes plus des partenaires mineurs", a déclaré son directeur exécutif Joseph Geevarghese. "Si notre mouvement permet de gagner la majorité, la direction (démocrate) ne devra pas tenir nos voix pour acquises", a-t-il averti.

Un sondage mené en septembre auprès de 1.500 membres d'Our Revolution illustre l'état d'esprit de cette base militante, quand bien même celle-ci n'est pas représentative de tout l'électorat.

Pour 92% des sondés, un Congrès sous contrôle démocrate devrait prioritairement lutter contre "l'oligarchie" et la corruption, tandis que 85% soutiennent par ailleurs une assurance-maladie universelle publique.

Un bloc de gauche renforcé pourrait apporter aux dirigeants démocrates des voix précieuses pour contrer Donald Trump, mais aussi vouloir peser sur les futures lois, la vie parlementaire et jusqu'à la tête du parti elle-même.

Le chef des députés démocrates Hakeem Jeffries, pressenti pour présider la Chambre en cas de victoire en novembre, a dit qu'il ne soutenait pas le programme des DSA.

La gauche lui reproche ses positions sur l'assurance-maladie universelle et ses liens avec des donateurs du monde de la tech, des cryptomonnaies ou soutenant Israël. Our Revolution l'a averti que les militants ne voulaient pas "entériner l'ordre ancien".

- "Problème socialiste" -

Au Sénat, le patron septuagénaire des élus démocrates Chuck Schumer a vu plusieurs de ses poulains chuter aux primaires face à des rivaux de gauche et quatre au moins des candidats investis ont dit qu'ils ne soutiendraient pas sa reconduction à la tête du groupe.

Pour autant, les élections de mi-mandat ne sont pas sans risque pour la gauche.

En 2010, année de sa percée à droite, le Tea Party avait vu plusieurs de ses candidats au Sénat perdre des scrutins que les républicains pensaient gagner.

Des résultats médiocres en novembre pour des figures de proue de la gauche démocrate apporteraient de l'eau au moulin des centristes, qui jugent ses ambitions trop radicales et estiment qu'elles desservent le parti.

"Nous avons un problème socialiste", déclarait en août le sénateur centriste John Fetterman, un élu de Pennsylvanie se revendiquant "le seul démocrate à appeler les choses par leur nom".

D.Sabatelli--LDdC