La Domenica Del Corriere - Au Maroc, des législatives sur fond de défiance politique et de préoccupations sociales

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Au Maroc, des législatives sur fond de défiance politique et de préoccupations sociales
Au Maroc, des législatives sur fond de défiance politique et de préoccupations sociales / Photo: Abdel Majid BZIOUAT - AFP/Archives

Au Maroc, des législatives sur fond de défiance politique et de préoccupations sociales

Les Marocains votent mercredi pour des législatives dominées par les préoccupations liées au pouvoir d'achat, à l'emploi et aux inégalités, dans un contexte de défiance envers les partis politiques.

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Près de 16 millions de personnes, sur 36 millions d'habitants, sont appelées aux urnes pour élire les 395 députés de la Chambre des représentants.

Le taux de participation, surtout chez les jeunes, va être particulièrement scruté. A 12H00, ce taux atteint 11,34% à l'échelle nationale, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Chômage en hausse, flambée des prix, inégalités et crise de confiance envers la classe politique sont au coeur des enjeux de ces élections qui interviennent moins de deux mois après l'afflux massif de migrants, en majorité de jeunes Marocains, vers l'enclave espagnole de Ceuta.

Cet épisode a mis en lumière le malaise social et le manque de perspectives d'une partie de la jeunesse, alors même que le pays affiche une croissance soutenue.

La désillusion face aux promesses des partis touche aussi d'autres classes d'âge.

"Je ne vais pas voter car j'ai perdu toute confiance dans la classe politique", a déclaré à l'AFP Majda Bakatir, 59 ans, rencontrée dans le centre-ville de Rabat.

Au contraire, Karim Ennaciri, 55 ans, rencontré dans un bureau de vote de la capitale, juge que "c'est ce processus électoral qui va nous permettre de savoir s'il y a un renouveau au sein des partis".

Les résultats préliminaires devraient tomber tard dans la soirée. Les bureaux de vote sont ouverts de 8H00 à à 19H00 GMT.

- RNI contre PAM -

Le nouveau chef du gouvernement sera issu du parti arrivé en tête des législatives. Nommé par le roi Mohammed VI, il sera chargé de former un exécutif pour cinq ans, même si les grandes orientations des secteurs stratégiques demeurent l'apanage du monarque.

En l'absence de sondages, interdits par la loi électorale, la presse et les observateurs mettent le Rassemblement national des indépendants (RNI), à la tête de l'actuelle coalition gouvernementale, parmi les favoris.

Malgré son retrait de la direction du RNI, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a conduit la campagne de son parti.

"Nous avons mené des réformes de l'éducation et la santé, nous avons augmenté les salaires (...). Nous avons répondu présents lorsque (les Marocains) avaient besoin de nous", a déclaré M. Akhannouch lors d'un meeting en défendant le bilan de son exécutif.

Toutefois, le riche homme d'affaires est souvent rattrapé par des accusations de conflits d'intérêts en lien avec sa société Afriquia, leader de la distribution d'hydrocarbures au Maroc.

L'autre formation politique favorite est le Parti authenticité et modernité (PAM). Les deux partis de centre-droit, idéologiquement proches, ont été fondés par des personnalités proches du palais.

Il y a quelques semaines, le PAM a réussi à rallier une figure populaire: le ministre chargé du Budget Fouzi Lekjaa, jusqu'ici davantage connu pour son rôle à la tête de la Fédération royale marocaine de football.

- "Valeur ajoutée" -

"A travers notre programme, nous souhaitons faire de la jeunesse une force capable d'apporter de la valeur ajoutée plutôt que d'être laissée pour compte", a dit M. Lekjaa durant la campagne.

En l'absence de leader affiché, l'autre visage du PAM est Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l'Aménagement du territoire et maire de Marrakech, pressentie par la presse locale pour devenir la première cheffe du gouvernement de l'histoire de son pays en cas de victoire de son parti.

La formation a toutefois été éclaboussée par une affaire de corruption, deux de ses figures ayant été condamnées à 10 et 12 ans de prison dans une vaste affaire de trafic de drogue.

L'Istiqlal (droite), parti historique mené par Nizar Baraka, actuel ministre de l'Equipement, a aussi ses chances avec un discours axé sur les enjeux sociaux du pays.

Dans l'opposition, le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste) dit vouloir incarner la "rupture" pour "combattre" la corruption.

T.Labbate--LDdC