La Domenica Del Corriere - Audiovisuel public: indépendance en recul avec le rapport Alloncle, critique la patronne de Radio France

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Audiovisuel public: indépendance en recul avec le rapport Alloncle, critique la patronne de Radio France
Audiovisuel public: indépendance en recul avec le rapport Alloncle, critique la patronne de Radio France / Photo: STEPHANE DE SAKUTIN - AFP/Archives

Audiovisuel public: indépendance en recul avec le rapport Alloncle, critique la patronne de Radio France

La présidente de Radio France, Sibyle Veil, estime que le rapport Alloncle sur l'audiovisuel public sert ceux qui veulent sa mise sous "tutelle" et entraînerait "un recul considérable de l'indépendance des médias publics" s'il était appliqué, dans un entretien à La Tribune Dimanche.

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Dans ce rapport publié mardi, le député UDR Charles Alloncle a pointé un audiovisuel public en "crise" et ne répondant plus aux "attentes des Français".

Il est accusé par la gauche et les députés du bloc central de vouloir affaiblir le secteur, voire le privatiser. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a même évoqué un "affaiblissement historique" recherché.

Pour Sibyle Veil aussi, le rapport "sert effectivement ceux qui veulent le privatiser – mais on a constaté qu'il n'y avait pas de consensus –, l'asphyxier budgétairement ou le mettre sous tutelle".

"Car ce qui ressort principalement, c'est un recul considérable de l'indépendance des médias publics", pointe-t-elle dans cette première réaction à ce rapport, aboutissement de six mois de travaux d'une commission d'enquête parlementaire.

A travers 69 recommandations, Charles Alloncle préconise plus d'un milliard d'euros d'économies sur les quatre milliards que reçoit l'audiovisuel public de l'État.

L'élu, dont le parti est allié au RN, veut aussi que les dirigeants de l'audiovisuel public soient nommés par le président de la République après avis des commissions des Affaires culturelles du Parlement, et après avis conforme de l'Arcom, le régulateur.

Selon la dirigeante de Radio France, "c'est paradoxal qu'une commission née de la volonté de faire la lumière sur l'indépendance et l'impartialité aboutisse à rendre les dirigeants redevables de leur nomination au président de la République".

"Ajoutez à cela un rattachement au Premier ministre ainsi qu'une pression financière accrue, et vous avez tous les ingrédients d'une +mise au pas+", poursuit-elle. "Comme les médias d'État et de propagande des régimes autoritaires, on serait soupçonnés d'être l'instrument d'un camp".

Elle balaie les pistes avancées par le député, jugeant que son rapport a "une vision datée de notre secteur sans prise en compte des grands bouleversements technologiques en cours".

Mme Veil a rencontré lundi la nouvelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, pour parler de ces "sujets d'avenir", un échange qui "tranche avec les précédents mois" sous Rachida Dati.

V.Tedeschi--LDdC