La Domenica Del Corriere - Aéroport ciblé, école endommagée : Ryad sous le feu des Houthis

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Aéroport ciblé, école endommagée : Ryad sous le feu des Houthis

Aéroport ciblé, école endommagée : Ryad sous le feu des Houthis

Des dégâts sur une maternelle après une interception de missile, des diplomates et écoliers à l'abri, et un aéroport ciblé à répétition: Ryad, frappé par les Houthis du Yémen, connaît jeudi l'un des épisodes les plus violents depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

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L'ampleur et la fréquence des attaques sont inédites en huit mois d'une guerre régionale déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Si les armes se sont globalement tues entre Washington et Téhéran, le front principal est aujourd'hui celui opposant le mouvement houthi pro-iranien aux forces gouvernementales yémenites, et à l'Arabie saoudite qui les soutient.

"Des fragments de missile sont tombés à Ryad après l'interception d'un missile balistique, causant des dégâts matériels à une maternelle et à un complexe médical", a indiqué la Défense civile sur X, sans faire état de victimes.

Une déclaration rare de la part des autorités saoudiennes, qui ne communique que très peu sur les dommages causés par des attaques aux infrastructures civiles.

Les Houthis ont revendiqué à deux reprises dans la journée des tirs sur l'aéroport international de la capitale, exhortant à nouveau les compagnies aériennes à éviter le ciel saoudien.

Ryad a déclaré avoir intercepté les missiles, mais l'aéroport a demandé aux passagers de vérifier auprès de leur compagnie que leur vol n'était pas annulé avant de s'y rendre.

Sur place, les panneaux d'affichages signalent plusieurs reports et annulations. Des compagnies comme Air France et Lufthansa avaient déjà suspendu leurs vols récemment.

- "Panique" -

Les explosions ont été entendues jusqu'au cœur de la capitale saoudienne, poussant des diplomates à se mettre en lieu sûr dans le quartier diplomatique.

Des écoles internationales ont aussi pris des précautions, selon les témoignages d'habitants, les enfants se réfugiant dans certains cas au sous-sol par mesure de sécurité.

"Ma fille m'a appelée. Elle était en panique", a raconté à l'AFP une mère de famille ayant requis l'anonymat.

Dans le quartier d'affaires, des entreprises ont évacué le personnel de la zone, ont précisé deux employés.

Depuis, les combattants pro-iraniens bombardent régulièrement des installations pétrolières du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut, et ont appelé jeudi le personnel de ces sites à partir.

Ces derniers jours, la pression s'est accentuée sur les infrastructures aéroportuaires.

Mercredi, les autorités aériennes avaient déploré trois morts et des dizaines de blessés après des attaques sur deux aéroports du pays, alors que l'Arabie saoudite est parallèlement engagée dans une contre-offensive sur le sol yéménite.

- Plus de 200.000 déplacés -

Parallèlement, les combats se poursuivent au Yémen, avec plus de 400 morts depuis le lancement lundi de l'opération "Aube du Yémen" lancée par les forces gouvernementales avec l'appui aérien de Ryad.

Sur la seule journée de jeudi, les affrontements dans le sud-ouest du pays ont fait au moins 83 morts, ont indiqué à l'AFP des sources militaires dans les deux camps.

L'objectif est de faire reculer les Houthis, qui ont pris au terme d'une offensive éclair en septembre le contrôle de l'ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, et renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, reliant l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.

Si le gouvernement parle de "victoires sur plusieurs fronts", les combattants pro-iraniens ont démenti avoir cédé du terrain et des sources militaires des deux bords n'ont pas fait état d'évolutions majeures sur les lignes de front.

La reprise des hostilités a fait plus de 200.000 déplacés au Yémen, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), qui s'est alarmée mercredi du manque de financements nécessaires pour faire face à cette nouvelle crise humanitaire dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Face aux attaques incessantes des Houthis, en Arabie saoudite comme au Yémen, Ryad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu'ici.

La Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite ont convenu en début de semaine de passer "immédiatement à la mise en pratique" d'un accord de défense, signé en août à La Mecque, et promis un déploiement rapide de forces dans le royaume - ce qui n'a pas été suivi d'effets connus pour l'heure.

L.Giordano--LDdC