Le propriétaire de British Steel, Jingye, réclame une compensation après la reprise du Royaume-Uni
Le propriétaire chinois de British Steel, Jingye, a exigé jeudi une compensation intégrale de la part du gouvernement britannique pour les pertes liées aux investissements effectués avant que Londres ne reprenne le contrôle de l'aciérie l'année dernière.
Jingye, qui a racheté British Steel en 2020, a perdu le contrôle de l'entreprise l'an dernier lorsque le gouvernement du Premier ministre Keir Starmer est intervenu au sein de la société en difficulté, qui avait annoncé son intention de fermer les deux hauts fourneaux de Scunthorpe (nord de l'Angleterre), derniers fours au charbon opérationnels dans le pays, faute de rentabilité, avec 2.700 emplois en jeu.
Après des négociations infructueuses avec l'entreprise, le gouvernement britannique avait fait voter au Parlement une législation d'urgence forçant British Steel à poursuivre son activité, sous peine de sanctions, un épisode qui avait provoqué des tensions avec la Chine.
M. Starmer a annoncé en mai dernier un projet de loi visant à nationaliser entièrement British Steel, la dernière usine du pays capable de produire de l’acier à partir de minerai.
La nationalisation ramènerait British Steel dans le giron de l’État pour la première fois depuis sa privatisation en 1988.
"Jingye a récemment engagé des procédures de consultation avec le gouvernement britannique", exigeant "qu'il respecte les faits objectifs et qu'il fournisse une compensation rapide, intégrale et effective pour les pertes d'investissement de Jingye dans British Steel", a indiqué l’entreprise dans un communiqué.
"Jingye (...) utilisera tous les moyens légaux pour protéger de manière continue et résolue l'ensemble de ses droits et intérêts légitimes", poursuit le communiqué.
Londres a lancé en mars sa "Stratégie pour l'acier", avec notamment des droits de douane à 50% et une réduction des quotas d'importations, dans l'optique de protéger son industrie sidérurgique, jugée vitale pour ses infrastructures nationales et sa défense.
L'objectif de l'exécutif est de porter à 50% la part britannique dans l'acier utilisé au Royaume-Uni, contre 30% actuellement.
Ce plan s'accompagne d'une politique de soutien au secteur, avec jusqu'à 2,5 milliards de livres de financement "pour des investissements" jusqu'en 2029.
La production d'acier au Royaume-Uni est très faible (4 millions de tonnes en 2024) mais près de 40.000 emplois sont dépendants du secteur.
H.Nicolini--LDdC