Starmer "choqué" par des incendies "antisémites" à Londres, la police étudie un lien avec l'Iran
Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'est déclaré dimanche "choqué" par une série d'incendies criminels à caractère "antisémite" survenus ces dernières semaines à Londres, tandis que la police antiterroriste enquête sur un éventuel lien avec le régime iranien.
Une nouvelle attaque s'est produite dans la nuit de samedi à dimanche, visant cette fois une synagogue. Elle n'a pas fait de blessé et les dégâts sont mineurs, mais l'inquiétude grandit au sein de la communauté juive britannique.
"Je suis choqué par les récentes tentatives d’incendies antisémites" dans le nord-ouest de Londres, a écrit le dirigeant travailliste sur X.
"C’est odieux et cela ne sera pas toléré. Les attaques contre notre communauté juive sont des attaques contre la Grande‑Bretagne", a-t-il ajouté.
La police de Londres a annoncé une augmentation de la présence policière dans le nord-ouest de la capitale, où vit une importante communauté juive.
Les enquêtes ont été confiées à la police antiterroriste.
La plupart des incidents ont été revendiqués par le groupe peu connu, qui serait pro-Iran, "Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya" (Hayi), dont le nom signifie "Mouvement des compagnons de la main droite de l'islam".
Ce groupe a déjà revendiqué des attaques ailleurs en Europe.
"Alors que le conflit au Moyen-Orient continue", la police "reste vigilante face à la menace d'une agression de l'État iranien au Royaume-Uni", a déclaré lors d'un point presse la commissaire adjointe Vicki Evans.
"Les individus qui commettent ces crimes n'ont souvent aucune allégeance à la cause et agissent uniquement pour l'argent", a détaillé la responsable policière.
- "Epidémie" -
Les incidents similaires se sont multipliés ces dernières semaines.
Le dernier concerne la synagogue Kenton United, dans le quartier de Harrow.
Dans la nuit de samedi à dimanche, vers minuit, des policiers en patrouille dans le nord-ouest de Londres "ont remarqué qu’une vitre de la synagogue avait été brisée", a expliqué la police de Londres.
"Ils ont aperçu de la fumée à l’intérieur d’une pièce et constaté qu’une bouteille contenant une sorte de produit inflammable avait été lancée à travers la vitre", a poursuivi la police.
Vendredi soir, un incendie a touché un local où était installée une organisation caritative juive. La vitrine portait l'inscription "Jewish futures". Là aussi, les dégâts sont mineurs et il n'y a pas eu de blessé.
Une tentative d'incendie a également eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi contre une synagogue dans le quartier de Finchley.
Dans la nuit du 23 mars, quatre ambulances de l'organisation juive Hatzola, gérant un service d'urgence bénévole, ont été incendiées.
Ces derniers incidents ont mené à plusieurs arrestations et inculpations.
Paul Taylor, président de United Synagogue, organisation gérant des synagogues dont celle Kenton, a dénoncé "une épidémie de haine antijuive".
"Une campagne soutenue de violence et d’intimidation contre la communauté juive du Royaume‑Uni est en train de prendre de l’ampleur", a déploré le grand rabbin, Ephraim Mirvis, dans un message publié sur X.
"Dieu merci, aucune vie n’a été perdue, mais nous ne pouvons pas — et ne devons pas — attendre que cela change pour comprendre à quel point ce moment est dangereux pour l’ensemble de notre société ", a‑t‑il ajouté.
Les incidents visent une communauté déjà traumatisée par l'attaque contre une synagogue de Manchester (nord de l'Angleterre) le 2 octobre 2025. Deux fidèles avaient alors été tués et trois autres grièvement blessés.
Comme dans de nombreux pays européens, l'antisémitisme a fortement augmenté au Royaume-Uni depuis les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza qui a suivi.
S.dEsposito--LDdC