La Domenica Del Corriere - Entre rires et larmes, une journée historique pour l'astronaute Jenni Gibbons à Houston

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Entre rires et larmes, une journée historique pour l'astronaute Jenni Gibbons à Houston
Entre rires et larmes, une journée historique pour l'astronaute Jenni Gibbons à Houston / Photo: Miguel J. Rodriguez Carrillo - AFP

Entre rires et larmes, une journée historique pour l'astronaute Jenni Gibbons à Houston

Elle s'est entraînée à leurs côtés pendant des années pour ce jour-J: Jenni Gibbons, astronaute canadienne, était lundi au coeur de la salle de contrôle de la Nasa à Houston pour accompagner à distance ses camarades d'Artémis II dans leur vol autour de la Lune.

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Astronaute de réserve pour la mission, Mme Gibbons était responsable des communications avec l'équipage et a vécu avec eux le déroulé de cette journée hors du commun.

Elle revient pour l'AFP sur ces heures au cours desquelles trois Américains - Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman - et un Canadien - Jeremy Hansen - ont volé autour de la Lune pour la première fois en plus d'un demi-siècle et ont battu le record des êtres humains s'étant aventurés le plus loin dans l'espace.

L'enthousiasme lors des descriptions (de la Lune ndlr) par l'équipage était immense. Tous les contrôleurs de vol ont probablement été inspirés par le programme Apollo et ont travaillé toute leur vie pour voir ce moment arriver.

Et aujourd'hui, nous avons battu le record d'Apollo 13, soit la distance la plus grande jamais parcourue par des êtres humains depuis notre planète.

Ce moment était exceptionnel. Je crois les gens ont pleuré à un moment, ils étaient reconnaissants. Il y avait des gens qui riaient, d'autres qui se sont serrés dans les bras, c'était tout simplement l'un des plus beaux moments de ma carrière.

Tout d'abord, ils sont allés plus loin que quiconque ne l'a jamais été. Les autres missions Apollo avaient volé bien plus près de la Lune. La perspective de notre Terre vue de si loin devait donc être absolument saisissante.

Par ailleurs, certaines régions situées sur la face cachée de la Lune n'étaient jamais apparues illuminées lors des missions Apollo.

Les astronautes d'Apollo n'avaient donc pas pu voir certains des reliefs qu'Artémis II a observés et décrits aujourd'hui. Aucun oeil humain ne les avait jamais vus.

Nous les avions déjà observés grâce à des techniques d'imagerie à distance, mais c'est la première fois que les caméras les plus sensibles au monde, à savoir les yeux humains, ont pu les observer.

À la fin de cette période de survol, quelque chose de vraiment exceptionnel s'est produit.

Avec la date à laquelle nous avons décollé, la mécanique orbitale était telle qu'après le survol de la Lune, l'équipage a assisté à une éclipse.

Grâce à cela, ils ont pu observer des détails incroyables de l'espace lointain et de la surface lunaire sans être aveuglés par la lumière du soleil: des détails très fins et même des détails de la couronne solaire (la couche la plus externe de l'atmosphère du Soleil, ndlr) au moment où le Soleil passait derrière la Lune.

Ils avaient d'ailleurs emporté des lunettes pour les éclipses afin de se protéger. Toutes les personnes ayant déjà vécu une éclipse sur Terre ont donc pu s'identifier à eux.

Ils ont également raconté que lorsque la Lune était plongée dans l'obscurité, ils ont observé des flashs de lumière causés par des impacts à la surface, c'est-à-dire des matériaux heurtant la surface lunaire et créant de nouveaux cratères.

Cela n'avait été que rarement observé. Les astronautes d'Apollo avaient peut-être mentionné quelques cas, mais il s'agissait pour nous d'une priorité scientifique majeure. Le fait qu'ils en aient vu quatre ou cinq est tout simplement remarquable.

A.Maggiacomo--LDdC