La Domenica Del Corriere - Le gouvernement dévoile son budget 2027, avec 43 milliards de "mesures de redressement"

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Le gouvernement dévoile son budget 2027, avec 43 milliards de "mesures de redressement"
Le gouvernement dévoile son budget 2027, avec 43 milliards de "mesures de redressement" / Photo: Ludovic MARIN - AFP/Archives

Le gouvernement dévoile son budget 2027, avec 43 milliards de "mesures de redressement"

Le gouvernement français prévoit 43 milliards d'euros de "mesures de redressement" des finances publiques dans son projet de budget pour 2027, avec notamment des mesures sur les retraites, au moment où les taux d'intérêt de la dette française flambent.

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Selon le projet de loi de finances (PLF) obtenu jeudi par l'AFP, le gouvernement prévoit, pour atteindre son objectif de déficit de 5% en 2027, "la mise en œuvre de 43 milliards d'euros de mesures de redressement", auxquelles s'ajoute "la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026" et "antérieurement", amenant "l'ensemble des efforts" l'an prochain à "54 milliards d'euros".

Ce texte de projet de budget de l'État (PLF) ainsi que celui de la Sécurité sociale (PLFSS) ont été obtenus par l'AFP en amont de la présentation en conseil des ministres, qui a débuté à 10H30. Ils seront ensuite examinés par le Parlement.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait promis mi-septembre un budget "offensif", avec un "effort" d'économies massif de 54 milliards d'euros, avant d'évoquer mercredi un "budget de redressement", tirant la sonnette d'alarme sur la remontée du coût de la dette.

Le taux d'emprunt à échéance dix ans de la France atteint des records. Il a grimpé jeudi matin sur les marchés financiers à un niveau inédit depuis 2002, à 4,95 %.

La charge de la dette, soit le montant des intérêts payés par la France, dépassera les 79 milliards d'euros cette année, selon le ministère de l'Économie, qui table sur 91 milliards l'an prochain, des sommes astronomiques.

- Déficit de la Sécu presque divisé par deux -

Pour tenter de redresser les finances publiques, le gouvernement compte notamment limiter la hausse des dépenses de santé à 2 % en 2027. Il veut ramener le déficit de la Sécurité sociale en 2027 à 12,7 milliards d'euros, après 21,8 milliards en 2026, selon le PLFSS.

Les retraités seront notamment mis à contribution à hauteur de 5,5 milliards d'euros, avait indiqué mercredi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. Le gouvernement propose ainsi que les pensions supérieures à 1.260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l'inflation. Il veut aussi ramener à 3.000 euros le plafond de l'abattement fiscal de 10 % sur l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités (contre 4.439 euros actuellement).

Les efforts passeront aussi par un coup de frein sur les dépenses, en premier lieu celles de l'État, qui seront "stables" hors défense et charge de la dette. Certains ministères devront faire des efforts conséquents, dont celui du Travail (avec 2,5 milliards d'euros d'effort), tout comme certains opérateurs de l’État, comme France Compétences et France Travail.

Les fonctionnaires seront aussi touchés. Le point d'indice qui permet de calculer une partie de leur rémunération sera gelé. Une mesure très mal accueillie par la fonction publique, qui a manifesté massivement mardi pour défendre son pouvoir d'achat. Plus de 200.000 personnes ont défilé dans les rues, selon le ministère de l'Intérieur.

Le nombre de fonctionnaires de l'État et de ses opérateurs baissera au total de 1.076 en 2027, hors réforme de la formation initiale des enseignants et créations de postes liés à la loi de programmation militaire, selon le PLF.

Et les collectivités seront "mises à contribution" : elles devront faire un effort budgétaire de 5,4 milliards d'euros, selon les chiffres qu'elles ont communiqués, déplorant un effort "disproportionné" et "abusif".

- Pas de revalorisation des APL -

Si le Premier ministre a écarté toute "hausse généralisée d'impôts", le budget prévoit d'augmenter les recettes fiscales. Les prélèvements obligatoires atteindront 44,2 % du PIB, contre 43,9 % en 2026, surtout grâce à la réduction de certaines niches fiscales.

Les entreprises devront participer aux économies. Le gouvernement veut notamment limiter les exonérations de cotisations patronales, ou alourdir de 800 millions d'euros la taxation des exploitants d'autoroutes et d'aéroports.

Il veut encore s'attaquer aux produits sucrés, avec une taxe au nom de la lutte contre l'obésité. Cette mesure a suscité déjà une levée de boucliers de l'industrie agroalimentaire, des confiseurs et des boulangers.

Le gouvernement prévoit par ailleurs de ne pas revaloriser, "exceptionnellement en 2027", les aides personnelles au logement (APL) et entend mettre en place des restrictions pour les étudiants de familles aisées. Il veut également faire payer l'inscription en BTS ou en classe prépa aux étudiants non boursiers.

Alors que le PS a déjà qualifié le projet de budget de "récessif" et "injuste", les débats au Parlement s'annoncent tendus, avec un risque accru de censure du gouvernement, à sept mois de l'élection présidentielle.

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A.Maggiacomo--LDdC