Zelensky et Trump ont évoqué la production de missiles Patriot par l'Ukraine
Volodymyr Zelensky a salué mardi une "bonne rencontre" avec Donald Trump à la Maison Blanche lors de laquelle ils ont évoqué la possibilité pour l'Ukraine de produire des intercepteurs Patriot, vitaux pour la défense antiaérienne de Kiev.
"Le président et moi avons discuté de licences pour la production d'intercepteurs Patriot et d'autres idées qui pourraient aider", a déclaré le président ukrainien sur X après cette réunion à huis clos de près d'une heure dans le Bureau ovale.
Début juillet, Donald Trump avait fait part de sa volonté d'autoriser l'Ukraine à produire ces missiles sol-air et leur rencontre intervient au moment où la Russie intensifie ses frappes sur l'Ukraine.
Avant la réunion, Volodymyr Zelensky avait exprimé sa "priorité absolue": "la défense contre les missiles balistiques".
Selon l'ONU, juin a été le mois le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022, la Russie ayant multiplié les frappes de missiles balistiques, particulièrement difficiles à intercepter.
Seuls les systèmes américains Patriot sont capables de les abattre, mais l'Ukraine manque cruellement des missiles intercepteurs PAC-3. Une pénurie qui s'est aggravée depuis la guerre lancée par les Etats-Unis avec Israël contre l'Iran en février.
Moscou entend encore accroître ses attaques en déployant des lanceurs balistiques supplémentaires près de la frontière ukrainienne et attend en août de nouvelles livraisons de ce type en provenance de Corée du Nord, a affirmé à l'AFP un haut responsable ukrainien.
- Diplomatie à "revivifier" -
"Il est crucial que Washington autorise l'achat d'un lot de missiles Patriot", a ajouté cette source, qui a refusé de préciser combien de missiles Kiev demande, indiquant simplement: "Suffisamment pour pouvoir intercepter ce que Poutine utilise en un mois".
"Beaucoup dépendra de l'humeur du président Trump", avait concédé le responsable avant la réunion.
Rien qu'en juillet, Moscou a lancé 120 missiles balistiques et antinavires à haute vitesse contre l'Ukraine, dont seulement 35 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
A titre de comparaison, la Russie avait tiré entre 250 et 320 missiles balistiques sur l'ensemble de l'année 2024, selon les estimations d'experts.
Selon Volodymyr Zelensky, la réunion a aussi été l'occasion de parler "diplomatie".
"Il est important que le processus diplomatique soit revivifié" pour mettre fin au conflit, a-t-il exhorté dans son message sur X.
La rencontre a eu lieu le jour de l'hommage prévu au sénateur Lindsey Graham, mort le 11 juillet, et que le président ukrainien a qualifié mardi de "vrai ami de l'Ukraine".
Les relations entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump ont longtemps été tendues, parfois houleuses
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a en grande partie interrompu les livraisons directes d'armes américaines à Kiev, leur préférant le programme PURL qui permet aux Européens d'en acheter pour ensuite les transférer à l'Ukraine.
- Réunion au Capitole -
Au cours d'une réunion restée dans les mémoires, en février 2025, les deux présidents avaient eu une dispute devant les caméras dans le bureau ovale, Donald Trump accusant alors Volodymyr Zelensky d'ingratitude et de "jouer avec la Troisième Guerre mondiale".
Mais ces dernières semaines, le président américain a fait montre de davantage de complaisance envers son homologue ukrainien
A l'occasion de leur dernier entretien début juillet en Turquie, il a estimé que Volodymyr Zelensky faisait "un travail formidable".
Après sa réunion à la Maison Blanche et une cérémonie pour Lindsey Graham à la cathédrale de Washington, le président ukrainien est attendu au Capitole en fin de journée pour une rencontre avec plusieurs sénateurs.
Il devrait pousser les élus à adopter un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, que Lindsey Graham avait défendues et auxquelles Donald Trump aurait récemment donné son aval.
Les relations entre Moscou et Washington se sont refroidies ces derniers temps, après des initiatives des Etats-Unis qui s'étaient traduites par une invitation en Alaska de Vladimir Poutine par Donald Trump pour un sommet en août 2025.
Au cours d'une rencontre à Manille la semaine dernière, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a mis en garde son homologue américain, Marco Rubio, contre la poursuite des livraisons d'armes à l'Ukraine.
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M.Magrino--LDdC