Trump très attendu au G7 d'Evian, Macron veut contribuer à la réouverture d'Ormuz
C'est un Donald Trump gonflé à bloc, après un accord avec Téhéran, qui est attendu lundi au sommet du G7 à Evian, en France, où Emmanuel Macron propose d'activer immédiatement une mission franco-britannique pour sécuriser le détroit d'Ormuz mais met en garde contre tout péage.
Outre le Moyen-Orient, plusieurs sujets délicats sont à l'ordre du jour des dirigeants des grandes puissances: le commerce, la tech et l'Ukraine.
L'agenda du sommet sur les rives du lac Léman, déjà bousculé par l'accord Washington-Téhéran conclu la veille, dépendra largement de l'imprévisibilité du président américain.
Quelques heures avant son arrivée en France, Donald Trump, plus résolu que jamais à pousser les intérêts de la première puissance mondiale, a ainsi menacé d'assommer le vin français de droits de douane si Paris ne lève pas une taxe frappant les revenus des groupes technologiques, dont Apple, Google ou encore Meta. S'attirant une réponse ferme de son hôte français, pourtant désireux de le ménager pour qu'il reste "jusqu'au bout", mercredi.
- "De manière pacifique" -
Rien ne dit par ailleurs que le milliardaire, pressé de tourner la page du conflit au Moyen-Orient et peu enclin à se mêler de celui en Ukraine, sera sensible à l'appel de Volodymyr Zelensky.
Le président ukrainien a demandé que le G7 adresse une "réponse décisive" à Moscou après de nouvelles attaques russes meurtrières.
En attendant l'arrivée du milliardaire républicain, Emmanuel Macron a salué l'accord avec l'Iran et a proposé de déclencher au plus vite la mission internationale préparée par Londres et Paris pour sécuriser le détroit d'Ormuz pour que sa réouverture "puisse se faire de manière pacifique et qu'elle dure".
Le porte-avions français Charles-de-Gaulle "peut être déployé dans les deux ou trois jours" dans la zone, dès qu'un feu vert intervient de la part des Américains et des Iraniens, a dit le président français dans une interview à la chaîne TF1. La France peut avoir "dès demain" sur place "des chasseurs pour des premières missions de surveillance" ainsi qu'une frégate.
Emmanuel Macron a aussi martelé qu'il ne fallait "pas de péage" iranien pour le passage d'Ormuz, au nom du "droit international" et pour éviter une nouvelle hausse des prix, alors que l'incertitude plane sur ce point.
Les pays du G7 (hors Etats-Unis) avaient refusé de prendre part à la guerre au Moyen-Orient, ce qui leur a valu les foudres de Donald Trump.
Depuis Téhéran, le ministère iranien des Affaires étrangères a souligné de son côté lundi que l'Iran éprouvait toujours une "profonde méfiance" envers les Etats-Unis, et que l'accord censé être signé vendredi ne constituait "qu'une étape pour réduire les tensions et mettre fin à la guerre".
- Versailles après le MMA -
Ces questions seront évoquées dès le dîner d'ouverture lundi soir avec les dirigeants des autres membres du G7 (Allemagne, Canada, Italie, Japon et Royaume-Uni), puis mardi en présence des dirigeants de l'Egypte, des Emirats arabes unis et du Qatar.
Le président américain a quitté les Etats-Unis après un tournoi inédit de MMA à la Maison Blanche, pour son 80e anniversaire.
Donald Trump, que les grand-messes multilatérales ennuient, a pour habitude de les perturber par ses coups d'éclat. Il entrera en scène dès 17H00 (15H00 GMT) pour un entretien avec son homologue français.
Ils évoqueront les menaces de Donald Trump sur le vin français proférées dans un entretien au New York Post. Si Paris persiste à taxer les géants américains de la tech, "je n'aurai pas d'autre choix que de mettre des droits de douane de 100% sur tous les champagnes et vins venus de France", a dit le président américain.
Emmanuel Macron a balayé cette demande, promettant une "discussion respectueuse mais ferme" avec son homologue, et martelant que les tarifs, arme diplomatique privilégiée de l'Américain, "ça fait du bien à personne".
Après s'être longtemps affiché comme l'interlocuteur privilégié de Donald Trump côté européen, il montre désormais une certaine opposition, tout en s'efforçant de le ménager.
Après le sommet dans la ville thermale des Alpes, un dîner sera donné en son honneur mercredi au château de Versailles.
- "Sommet des crises" -
Pour son ultime participation à ce club de puissances industrialisées, Emmanuel Macron espère obtenir de Donald Trump qu'il mette davantage de "pression" sur la Russie, pour une négociation avec Kiev autour de la table mais aussi les Européens.
Après des frappes meurtrières menées par la Russie qui ont fait au moins neuf morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, il faut "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine", a demandé Volodymyr Zelensky.
Le président américain participera mardi à une session en présence de son homologue ukrainien, avec qui il a une relation houleuse.
Outre des dirigeants de pays émergents, la France a invité plusieurs "leaders de la tech mondiale", dont les Américains Sam Altman et Dario Amodei, patrons respectifs d'OpenAI et du fleuron de l'IA Anthropic, pour un déjeuner mercredi.
Cela peu après que Washington a ordonné de suspendre l'accès de "tout ressortissant étranger" à des modèles d'IA, ce qui frappe de plein fouet Anthropic.
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O.Criscione--LDdC