La Domenica Del Corriere - Le 1er-Mai restera "férié, chômé et payé", le sujet renvoyé à 2027

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Le 1er-Mai restera "férié, chômé et payé", le sujet renvoyé à 2027
Le 1er-Mai restera "férié, chômé et payé", le sujet renvoyé à 2027 / Photo: GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP/Archives

Le 1er-Mai restera "férié, chômé et payé", le sujet renvoyé à 2027

Le 1er-Mai est le "seul jour férié, chômé et payé", et ce principe "doit continuer": le gouvernement a renvoyé lundi soir sine die la loi permettant d'élargir le travail ce jour-là en France mais promis de revenir sur le sujet avant mai 2027.

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"J'ai entendu les inquiétudes des organisations syndicales et je veux être clair, le 1er-Mai n'est pas une journée comme les autres. C'est la journée des travailleurs et des travailleuses, c'est le seul jour férié, chômé et payé. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles", a assuré le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou à l'issue d'une rencontre avec les organisations syndicales lundi soir.

Le ministre s'exprimait à l'issue d'une rencontre qui a duré plus d'une heure avec les représentants des cinq syndicats représentatifs (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC), demandée par Matignon et censée permettre de travailler à "un périmètre très précis des commerces concernés par une ouverture au travail le 1er mai".

"Les professions qui le souhaitent pourront engager des négociations de branche", a-t-il fait valoir. Ensuite, "nous prendrons en compte leurs conclusions pour les sécuriser par la loi, parce que (...) nous pensons qu'une loi sera nécessaire pour amender la loi existante".

"Il y a vraiment un seul secteur qui est demandeur (la boulangerie), on n'est pas certain que les autres le soient fortement", a assuré à la sortie de la discussion le patron de la CFTC, Cyril Chabanier. "En tout cas, on aura une liste extrêmement réduite" de branches qui négocieront, a-t-il estimé.

Vivement dénoncée par les syndicats, la proposition de loi sur le 1er-Mai doit permettre d'autoriser le travail de salariés ce jour férié dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres).

Grâce à la motion de rejet, le texte pouvait être adopté sans que les députés ne l'aient examiné en première lecture, après une commission mixte paritaire (CMP).

- "Le monde des mythos" -

"Le 1er-Mai 2026 sera un 1er-Mai complètement classique", s'est réjoui le numéro 2 de la CFDT, Yvan Ricordeau, à l'issue de la rencontre.

"La CGT et les organisations syndicales ont obtenu que le gouvernement ne passe pas en force sur le 1er-Mai", s'est encore réjouie la N°1 de la CGT, Sophie Binet. "La loi ne sera donc pas modifiée demain et le 1er-Mai restera un jour exceptionnel, férié et rémunéré."

Et la leader de la CGT s'est félicitée "qu'on ait enfin quitté le monde des mythos de Gabriel Attal pour revenir à la raison".

Car l'ancien Premier ministre et candidat putatif à la présidentielle n'a pas lésiné pour soutenir ce texte, à coups de pétition et de "réels" ou vidéos dans lesquels il tenait des propos quelque peu erronés.

Résultat : son successeur, Sébastien Lecornu "doit gérer une absence de concertation par les promoteurs de la proposition de loi" et "faire avec la situation au Parlement", regrette un conseiller de l'Exécutif.

Côté Renaissance, un cadre rejette, lui, la responsabilité d'un éventuel couac sur le gouvernement: "Ils ont eu un an" depuis les polémiques du 1er-Mai 2025 "pour recevoir les organisations syndicales! Et ils les reçoivent à l’arrache en leur disant d’avance qu’il n’y aura pas de CMP".

"On a commencé le macronisme par les ordonnances travail et on le finit comme ça?", avec "un manque d’anticipation", cingle-t-il encore.

Selon la loi, seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé et payé. Toutefois, le code du Travail admet aujourd'hui qu'un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là, mais il doit travailler seul ou presque.

Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. Au risque d'une amende de 750 euros par salarié concerné (1.500 euros s'il est mineur).

Le débat avait été relancé l'an dernier après que des boulangers se sont émus de contrôles inopinés.

T.Scagnelli--LDdC