La Domenica Del Corriere - Cuba confirme des pourparlers avec les Etats-Unis

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Cuba confirme des pourparlers avec les Etats-Unis
Cuba confirme des pourparlers avec les Etats-Unis / Photo: YAMIL LAGE - AFP/Archives

Cuba confirme des pourparlers avec les Etats-Unis

Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a confirmé vendredi que son pays était en pourparlers avec les Etats-Unis qui appliquent depuis des semaines une politique de pression maximale sur l'île communiste.

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"Des responsables cubains ont mené récemment des discussions avec des représentants du gouvernement des États-Unis", a déclaré le président cubain, lors d'une intervention devant les plus hautes autorités du pays, retransmise à la télévision nationale.

"Ces discussions ont eu pour objectif de chercher des solutions, par la voie du dialogue, aux différends bilatéraux qui existent entre nos deux nations", a ajouté le chef de l'Etat devant des membres du Bureau politique, du secrétariat du comité central du Parti communiste cubain (PCC) et du comité exécutif du Conseil des ministres.

Parmi eux figuraient, au premier rang, Raul Guillermo Rodriguez Castro, le petit-fils de l'ex-dirigeant Raul Castro (2006-2018), mentionné récemment par des médias américains comme l'interlocuteur du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, dans le cadre de discussions secrètes.

Miguel Diaz-Canel, également Premier secrétaire du PCC, a ajouté que "des facteurs internationaux ont facilité ces échanges", sans donner plus de détails.

Jeudi soir, La Havane a annoncé la libération prochaine de 51 prisonniers sous l'égide du Vatican, médiateur historique entre Cuba et les Etats-Unis.

Le président américain Donald Trump assurait depuis des semaines que des négociations étaient en cours avec de hauts responsables de l'île. La Havane avait jusque-là démenti de tels contacts, tout en se disant disposée à dialoguer "sans pression" ni "ingérence".

Les Etats-Unis imposent depuis janvier un blocus énergétique de facto à Cuba, invoquant la "menace exceptionnelle" que ferait peser sur la sécurité nationale américaine l'île communiste située à seulement 150 km des côtes de la Floride.

Le pays de 9,6 millions d'habitants, sous embargo américain et déjà secoué par une profonde crise économique, est confronté à d'importantes pénuries de carburant et à des coupures d'électricité prolongées.

- Eviter la confrontation -

"Le but de ces discussions est, en premier lieu, d'identifier les problèmes bilatéraux qui nécessitent une solution, en tenant compte de leur gravité et de leur incidence" et de "trouver des solutions", a ajouté le président cubain.

Miguel Diaz-Canel a souligné qu'il s'agissait d'un "processus très sensible" qui "exige des efforts considérables (...) nous permettant (...) de nous éloigner de la confrontation".

Le chef de l'Etat a souligné que lors de ces pourparlers la partie cubaine a exprimé "sa volonté de mener à bien ce processus sur la base de l’égalité et du respect des systèmes politiques des deux États".

Le gouvernement cubain a annoncé jeudi soir la libération "dans les prochains jours" de 51 prisonniers en signe de "bonne volonté" à l'égard du Vatican. Il n'a toutefois pas précisé le nom des bénéficiaires, ni les raisons de leur condamnation.

L'Eglise catholique a joué depuis des décennies un rôle de médiateur dans la libération de prisonniers politiques sur l'île. Elle a également eu un rôle déterminant dans le dégel des relations diplomatiques entre Washington et La Havane en 2015 pendant le second mandat de Barack Obama (2013-2017).

Le 28 février, lors d'une tournée diplomatique en Europe, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a été reçu en audience par le pape Léon XIV.

Une semaine plus tôt, un haut fonctionnaire du Vatican, le secrétaire pour les relations avec les Etats, Paul Richard Gallagher, avait reçu deux diplomates américains : le chargé d'affaires à La Havane, Mike Hammer, et l'ambassadeur auprès du Saint-Siège, Brian Burch.

Selon l'organisation de défense des droits humains Justicia11J, basée en dehors de l'île, 760 personnes sont incarcérées à Cuba pour des raisons politiques, dont 358 pour leur participation aux manifestations historiques antigouvernementales du 11 juillet 2021.

Washington multiplie ces dernières semaines les pressions sur les dirigeants de l'île.

Donald Trump a déclaré envisager une "prise de contrôle pacifique" de Cuba et assuré que le gouvernement communiste vivait "ses derniers moments", appelant l'île à conclure un accord avec son puissant voisin.

A.Dodaro--LDdC