Liban: nouvelles frappes d'Israël, un pont stratégique détruit dans le sud
L'armée israélienne a intensifié ses opérations au Liban vendredi, lançant une série de frappes dans plusieurs régions, dont une a détruit un pont sur le fleuve Litani (sud), utilisé selon Israël par les combattants du Hezbollah pro-iranien.
Des frappes ont ciblé à l'aube ce pont stratégique situé au creux d'une vallée entourée de montagnes sur le Litani, qui traverse le sud du Liban, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
"Ce pont constituait un point de passage crucial" pour le Hezbollah qui l'utilisait pour "pour se déplacer du nord au sud du Liban, renforcer ses positions et se préparer aux combats", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.
"Récemment, le Hezbollah a positionné des lance-roquettes près du pont et a procédé à des tirs en direction d'Israël", a-t-elle poursuivi, répétant qu'elle ne "permettrait pas que des civils israéliens soient blessés".
Selon les images de l'AFPTV, la structure en béton était partiellement effondrée après l'attaque, empêchant tout passage de véhicules.
Il s'agit de la première infrastructure publique ciblée depuis que le Hezbollah a entraîné le 2 mars le pays dans la guerre régionale avec l'Iran en lançant des missiles sur Israël.
L'armée israélienne a par ailleurs poursuivi ses raids nocturnes, ciblant un appartement dans un immeuble résidentiel de la banlieue nord de Beyrouth, près de Bourj Hammoud, une zone jusque-là épargnée par les bombardements.
L'explosion a laissé un immense trou sur la façade d'un étage supérieur, aux murs noircis, a constaté un photographe de l'AFP.
Vendredi, l'armée israélienne a renouvelé son appel à évacuer aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, après avoir précédemment étendu son avertissement dans le sud.
Les habitants de cette partie du Liban sont appelés à se déplacer à plus de 40 kilomètres de la frontière.
Israël, qui a lancé des incursions dans des villages côté libanais, a menacé de prendre des territoires si le gouvernement ne parvenait pas à maîtriser le Hezbollah.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, se rend vendredi à Beyrouth pour alerter sur les besoins humanitaires, alors que plus de 687 personnes ont été tuées et plus de 800.000 personnes déplacées depuis le début des hostilités, selon un bilan officiel.
Le Hezbollah et Israël se sont affrontés d'octobre 2023 à novembre 2024. Israël avait continué à frapper le mouvement pro-iranien malgré un cessez-le-feu.
E.Marmano--LDdC