Norvège: jugé pour viols, le fils de la princesse Mette-Marit invoque des rapports consentis
Fils de la princesse héritière de Norvège Mette-Marit, Marius Borg Høiby a nié les accusations de viols mardi au premier jour de son procès, sa défense invoquant "des relations sexuelles parfaitement normales et consenties".
Né d'une relation antérieure au mariage de sa mère avec le prince héritier Haakon en 2001, M. Høiby doit répondre de quatre accusations de viols entre 2018 et 2024.
Portant lunettes épaisses et boucle d'oreille, il a répondu, en marmonnant, quatre fois par la négative quand le juge l'a interrogé sur chacun de ces faits supposés.
Jugé pour 38 chefs d'accusation passibles au total de 16 ans de prison, le jeune homme de 29 ans a en revanche reconnu des faits, plus mineurs, de violences, des menaces, une violation à la législation sur les stupéfiants et autres infractions routières.
Il a été arrêté le week-end sur la base de nouveaux soupçons, dont des menaces avec un couteau, et placé en détention provisoire pour quatre semaines en raison du risque de récidive.
Tandis que le parquet détaillait les circonstances des viols et violences présumés, l'accusé, tête baissée, agitait nerveusement les mains et les jambes.
Les viols --dont l'un, le seul avec pénétration sexuelle, a été supposément commis alors qu'il était en vacances avec le prince Haakon dans les îles Lofoten en 2023-- ont eu lieu après des rapports consentis, souvent après des soirées arrosées alors que les victimes n'étaient pas en état de se défendre, selon l'accusation.
"Si Marius se dit non coupable (...), c'est tout simplement parce qu'il a perçu l'ensemble des faits comme des relations sexuelles parfaitement normales et consenties", a contré la défense.
Dans l'après-midi, une première victime présumée, en pleurs, a relaté une after party en 2018 dans la maison dont M. Høiby dispose sur le domaine de Skaugum où réside le couple princier, en dehors d'Oslo.
Après une brève relation sexuelle qu'elle dit avoir interrompue, elle se serait endormie --elle-même ne s'en souvient pas--, la police ayant ensuite retrouvé une vidéo montrant ce qu'elle présente comme une agression sexuelle.
L'intéressée poursuivra sa déposition mercredi, après quoi ce sera au tour de M. Høiby de s'expliquer.
- Justiciable comme les autres -
L'accusé "ne doit être ni traité plus sévèrement ni avec plus d'indulgence en raison de ses liens familiaux", a insisté le procureur Sturla Henriksbø.
De son côté, la défense a critiqué le "déferlement médiatique négatif" et les commentaires qui contribuent, selon elle, à condamner son client par avance.
"Le jugement doit être rendu dans cette salle d'audience, nulle part ailleurs", a souligné Me Ellen Holager Andenæs.
"Cela m'est en réalité impossible de décrire l'impact que cela a eu sur la vie de Marius et sur sa santé mentale au cours des 18 derniers mois", a ajouté l'avocate.
Le jeune homme tatoué aux allures de "bad boy" avait été arrêté le 4 août 2024, soupçonné d'avoir agressé sa compagne la nuit précédente.
Quelques jours plus tard, il dira avoir agi "sous l'influence de l'alcool et de la cocaïne après une dispute", et précisera souffrir de "troubles mentaux" et lutter "depuis longtemps contre la dépendance" à la drogue.
D'ex-compagnes avaient pris la parole et assuré qu'elles avaient elles aussi été violentées, physiquement et psychologiquement.
L'enquête, notamment l'exploitation de téléphones, a permis d'exhumer d'autres délits et crimes présumés, dont les viols qu'il a filmés ou photographiés.
L'identité des victimes présumée est protégée, à l'exception de Nora Haukland, mannequin et influenceuse, qui s'est exprimée publiquement sur des violences qu'elle dit avoir subies.
- Image écornée -
Pire scandale qu'ait connu la famille royale jusqu'à présent, l'affaire a contribué à écorner l'image de l'institution pourtant populaire grâce aux figures rassembleuses mais vieillissantes du roi Harald et de la reine Sonja, tous deux âgés de 88 ans.
Selon un sondage publié mardi par la chaîne TV2, plus de 70% des Norvégiens estiment que la position de la monarchie s'est affaiblie ces dernières années, également marquées par d'autres controverses.
Le couple princier n'assistera pas au procès.
Tiraillée entre ses rôles de mère et de future reine, Mette-Marit mène déjà d'autres combats. A 52 ans, elle lutte contre une maladie pulmonaire incurable qui risque de lui valoir bientôt une transplantation périlleuse.
Suite à la publication de nouveaux documents aux Etats-Unis, elle doit aussi depuis ce week-end répondre de ses liens passés et apparemment étroits avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Le verdict à l'encontre de son fils est attendu plusieurs semaines après la fin du procès, prévue le 19 mars.
G.Tomaselli--LDdC